Les tops de 10 de Warren

Wow… quelle adrénaline!
Sur cette page, j’ai choisi de vous présenter les 10 meilleures histoires parmi les centaines que j’ai écrites sur une période de 30 ans.

En plus de ces histoires, j'aimerais partager quelques anecdotes qui illustrent à quel point la carrière de journaliste peut être imprévisible. L'autre jour, je fouillais dans mes vieilles coupures de presse et j’ai découvert par hasard une édition encadrée en noir du Montreal Daily Star datée du lundi 26 juin 1944 intitulée :

"Americans Mopping Up Nazis in Cherbourg;
White Russia Fortress of Vitebsk Taken"

En y regardant de plus près, ce qui a attiré mon attention est l'histoire du British United Press à Londres au sujet de « bombes robotiques Nazis » qui ont frappé le sud de l’Angleterre en plein jour « tandis que des centaines d'avions de guerre alliés balayaient le Canal afin de reprendre leurs assauts sur les lignes de bataille et les communications ennemies en France. »

L'article avait était signé par Walter Cronkite. Le même Walter Cronkite qui allait devenir un icône des bulletins de nouvelles américaines en tant que présentateur de longue date du CBS Nightly News pour plus de deux décennies au début des années 1960.

La page couverture avait une place d'honneur dans le milieu des années 1980 sur le mur de mon bureau d’UPI qui offrait une magnifique vue automnale du Mont-Royal dans le centre-ville de Montréal. Ceci a évoqué des souvenirs de vicissitudes inhérentes à la plupart des carrières de journaliste.

Dans mon cas, il me rappelle la façon bizarre dont j'ai abouti dans un emploi d'été qui a évolué en une carrière de journaliste et une vie fascinante dans les médias. C’était en 1972 et je venais tout juste de graduer avec un baccalauréat ès arts de l’Université McGill quand Sid Tafler, une connaissance d'enfance qui a travaillé pour le Canadian Press, a suggéré que je pose ma candidature au poste de chroniqueur sportif pour remplacer Glen Cole qui prenait congé pour l'été.

Voilà que je me retrouvais là, par un chaud après-midi du début de juin, en train de discuter du potentiel des Alouettes de Montréal lors de la prochaine saison de la Ligue canadienne de football avec le chef de bureau de la Canadian Press et célèbre correspondant canadien durant la seconde guerre mondiale, Bill Stewart.

M. Stewart (car je me souviens encore de l’appeler Monsieur) était tellement enthousiasmé d’apprendre que j'avais joué un peu au football à l’Université McGill et que j’avais écrit quelques articles sur le football pour McGill Daily qu’il a négligé de me demander si j'avais de vraies qualités de journaliste.

Cela me ramène à moi, alors que je tapais à la dactylo avec seulement deux doigts et n’avais aucune expérience en journalisme, j’ai été embauché immédiatement. Naturellement, l’éditeur en chef n'était pas aussi indulgent que M. Stewart. Don McLeod, un éditeur reconnu pour avoir la mèche courte qui, à l’occasion, venait travailler avec son fusil, m'a dit que j'avais deux semaines pour augmenter ma vitesse de frappe et un peu plus de quelques semaines pour démontrer mes aptitudes à travailler dans une agence de presse. La Canadian Press était considérée comme un entraînement rigoureux pour les journalistes canadiens car ils apprenaient à travailler avec des échéanciers très serrés et étaient très restreints par rapport aux guides de rédaction. Sinon, ils se faisaient montrer la porte ou, peut-être bien, le fusil de chasse de Don McLeod!

Bien sûr, c'était l’année avant le scandale du Watergate qui a mené à la démission du président des États-Unis, Richard Nixon, et qui a donné naissance à la carrière de journalistes célèbres du Washington Post comme Bob Woodward et Carl Bernstein. Par la suite, ils écrivirent All the President’s Men. Avant le Watergate, peu de programmes en journalisme étaient offerts dans les universités de l’Amérique du Nord. Quelques années après le Watergate, il était impossible d’obtenir une entrevue pour un travail en studio sans posséder un diplôme en journalisme.

En conséquence, j’ai pu faire une carrière en journalisme sans détenir un diplôme. Heureusement pour moi, en tant que jeune journaliste débutant et ambitieux la Canadian Press m’a donné l’opportunité d’obtenir une superbe formation.

Contrairement à la trajectoire de la plupart des carrières en journalisme qui commencent avec le reportage et qui évoluent vers l’édition, j'ai débuté comme « rewrite man », autrement dit, un rédacteur pour la Canadian Press. Je travaillais de huit à dix heures par jour à réécrire les histoires des journaux locaux selon le style de la Canadian Press pour transmettre aux points de vente médiatiques à travers le Canada et autour du monde.

J'aimais le défi d'apprendre étape par étape et de voir se développer une prose journalistique probante et concise. Pendant l’année de mes 22 ans, j’ai été promu éditeur en chef, avec Don McLeod, à la Canadian Press de Montréal.

Dès 1975, j'avais attiré l'attention du Montreal Star qui cherchait un « rewrite man » pour accompagner Russ Peden, un homme d’expérience, qui était lui-même un ancien éditeur respecté de la Canadian Press dans les années 60. J'ai passé les deux premières années de ma carrière au Montreal Star sur la ligne principale de production à récrire les histoires de journalistes, ce qui, selon le rédacteur de nouvelles Garth Wilton, allait bien au-delà d’un travail d’édition normal.

Une réécriture entraîne une restructuration majeure d'une histoire et pas seulement changer un mot ici et ajouter de la ponctuation par là. Si le rédacteur et le journaliste consentent aux changements, la signature du journaliste demeure. Sinon, elle est retirée. La dernière version d'une histoire publiée est habituellement basée sur le jugement du rédacteur et non pas sur celle du journaliste.

Traditionnellement, les journaux choisissent comme « rewrite men » des personnes qui maîtrisent la langue dans laquelle ils travaillent du point de vue de la syntaxe, la grammaire et la morphologie de phrase.

J’ai aimé le défi qu’exigeait la réécriture au Montreal Star et j’y ai passé un an avant d’être transféré à un pupitre de rédaction au « RIM », là où se trouvait une équipe d'éditeurs provenant de divers pays qui éditait les histoires des services d’agences et qui écrivait des manchettes ainsi que des légendes de photos pour chaque histoire qui paraissait dans le journal.

En travaillant sur le "RIM" en 1976, j'ai eu la chance de travailler en étroite collaboration avec plusieurs journalistes distingués, y compris Jim Duff qui avait commencé sa carrière à la Gazette avant de quitter pour le Star et qui, avec plein d’entrain, s’est lancé dans une carrière de radiodiffusion. Je mentionne Jim, en particulier, parce qu'il avait un sens de l’humour sardonique qui me faisait sourire pendant mes longues nuits à éditer.

En 1977, après cinq années constantes de réécriture, d’édition et de manchettes, mon cerveau était entraîné à bien accomplir ses tâches. J’étais nostalgique et cette même année, j’ai sauté sur l’occasion d’écrire quand le Montreal Star m'a nommé son chroniqueur des syndicats.

Mais, contrairement à la plupart des journalistes, j’arrivais avec une vaste expérience en tant qu’éditeur pour laquelle je suis reconnaissant car cela m’a permis d’être un meilleur écrivain et journaliste et, avec les années, d'aider mes collègues au journal à polir leurs textes.

À l’égard de ce long apprentissage, peut-être pouvez-vous ressentir la joie que j'ai éprouvée lorsque plus tard, j’ai eu l’occasion d’appliquer ces compétences aux nouveaux défis auxquels j’ai dû faire face en tant que journaliste.

Sur cette page, je choisis de partager avec vous les dix histoires suivantes car je crois qu'elles représentent une variété intéressante d'articles pour les lecteurs canadiens et, grâce au Word Wide Web, nous sommes en mesure de vous les offrir.