Leçons apprises des médias et du monde des affaires

Au début du mois de février 1991, il y eu des regards bouleversés à cause de la récession et du manque de capital qui força Warren et ses collègues à fermer les portes du Weekly Herald moins de deux mois avant d’atteindre 2 ans de production d’une publication de qualité qui était religieusement publiée à toutes les semaines.

En plus d'écrire ses propres histoires, Warren a écrit et rédigé les manchettes pour chaque article qui paraissait dans le journal ayant en moyenne de 32 à 48 pages chaque semaine. C'était avec amour qu’il travaillait attentivement avec les membres du personnel et les pigistes pour produire une publication de qualité.

Comme Jack Todd l'a écrit dans sa rubrique de la Gazette du 6 juin 1991 : « Lorsque le Weekly Herald a pris fin, les employés de Perley ont eu le coeur brisé à l’idée de perdre aussi un excellent professeur. ‘Quand on avait un problème avec une histoire, Warren avait toujours le temps de parler avec nous’, a commenté la journaliste du Weekly Herald Katherine Wilton. ‘Quand le journal a fermé ses portes, j'ai pleuré pendant deux semaines’ ». Katherine Wilton travaille à la Gazette depuis la fermeture du Weekly Herald.

Warren a pleuré pendant beaucoup plus que deux semaines—dans un effort futile de conserver le journal contre toutes attentes, il voit son rêve médiatique fracassé ainsi que toutes ses économies liquidées. Toutefois, environ un mois après la fermeture du Weekly Herald, un ancien collègue de la Gazette lui remet une lettre qui lui remonte le moral et le rend conscient de l’immense impact qu’a eu le Weekly Herald.

Une résidente de Côte-Saint-Luc du nom d’Eva-Maria Wallner avait écrit une lettre à l’éditeur de la Gazette sur du papier à en-tête de l’Université McGill se disant attristée par la perte du Weekly Herald et de sa variété d'histoires intéressantes. Elle a écrit : « Dans une période de guerre et d’instabilité politique, les gens sont réconfortés par des nouvelles ordinaires… » N’y a-t-il pas possibilité de redonner naissance à ce petit journal tant apprécié?

Mme Wallner a ajouté un P.-S. à sa lettre : « Vous n’hésiterez pas à imprimer ceci n’est-ce pas? Le Weekly Herald n'a jamais été un concurrent. (En plus, je suis aussi une fervente lectrice de la Gazette.) »

Évidemment, la Gazette n'a pas publié sa lettre mais son message a inspiré Warren et, avec les encouragements de Rodney, il a décidé de rester à Montréal pour fonder une entreprise semblable — marketing et graphiques. Un vrai défi considérant que Warren n'avait plus un sou et qu’il devait 24 000 $ à la banque à la suite de la fermeture du Weekly Herald.

Néanmoins, certains évènements ont convaincu Warren que son destin était de recommencer à Montréal. Le premier est de réaliser que le marché de l'emploi d’un quotidien était restreint et que la liste de journaux de qualité pour lesquels il pourrait travailler était courte. Le Washington Post se trouvait parmi ceux dont il souhaitait ardemment faire partie et lorsqu’il reçut un message personnel du rédacteur en chef, Don Graham, le 13 mars 1991 en réponse à un C.V. envoyé, Warren a vraiment été impressionné.

La lettre de M. Graham, avec une copie conforme à Jacqui Marshall, citait ceci : « Il est évident que vous êtes très qualifié cependant, nous n’embauchons personne de l'externe… Si vous êtes toujours à la recherche, je vous conseille d’écrire à Jacqui Marshall, notre directeur du personnel, dans deux mois. »